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A PLOUMAGOAR, ACTION DE GRÂCES...

 

Guingamp, l’Action de Grâces pour trois siècles de présence

 

des Religieuses Augustines de la Miséricorde de Jésus.

 

 

 

Nous pensons aux paroles de St Augustin : « Dieu sait ce qui convient à chaque moment de l’Histoire. Il sait ce qu’il faut lui donner, ajouter, ôter, effacer, augmenter, diminuer… » Lettre 138

 

 

Le 7 février 2021, en la Basilique Notre Dame de Bon Secours, Monseigneur Denis MOUTEL, entourés de plusieurs prêtres et diacres, et d’une assemblée importante dans le respect des gestes barrières, a célébré la messe d’Action de Grâces pour la présence des Sœurs Augustines, dont la fondation remonte à 1676.

 

En effet, pour répondre à la demande de la population guingampaise et du Duc de Vendôme – ayant une résidence dans la ville-six religieuses augustines quittent leur monastère de Tréguier. Mgr Grangier, Evêque de Tréguier, dont dépend Guingamp, connaissant bien les Augustines de sa ville épiscopale, autorise le départ des six sœurs.

 

Un hôtel-Dieu existait déjà depuis le XIVème siècle. A leur arrivée, le 12 août, les sœurs s’installent dans une Maison ‘La Délivrance’ et prennent en charge l’Hôtel-Dieu. Leurs débuts furent humbles, difficiles. Vie de prière, de travail mais aussi de pauvreté réelle. La communauté de Tréguier soutient la fondation en envoyant des sœurs selon les besoins. En 1698, la communauté compte 19 sœurs et les lieux sont devenus trop exigus ; l’Evêque encourage la construction d’un monastère et d’un hôpital en toute confiance et dans l’abandon à la Providence. Ce monastère est aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Guingamp.

 

La révolution française voit la dispersion des sœurs et le Monastère visible cesse d’exister. Mais les sœurs reviennent en 1803 et en 1825, elles fondent une autre communauté à Gouarec où certaines viennent d’être accueillies.

 

Au début du 20ème siècle, nouvelle dispersion lors des lois de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, certaines sœurs rejoignent l’Angleterre où elles fondent une communauté, qui elle-même fondera au Nigéria ; d’autres répondant à un appel missionnaire embarquent pour le Sud Afrique.

 

En 1912, la communauté est transférée sur le territoire de Pabu, dans l’enceinte même de l’hôpital. De 1676, date de la Fondation à 1946, les sœurs ont assuré la Direction sous la responsabilité de la commission administrative. En 1946, nomination officielle du 1er directeur laïc de l’établissement.

 

Peu à peu des questions se posent, le manque de vocations entraîne la communauté à un nouveau changement, en 1983, la communauté s’installe à PLOUMAGOAR, dans le quartier de Kerprat ; elles reprennent l’orphelinat laissé vacant par les Sœurs Franciscaines de Seillon. Elles restent ouvertes aux besoins des pauvres et ouvrent un accueil pour des personnes handicapées, elles aident aussi beaucoup de personnes en difficultés. En 2011, elles acceptent de recevoir les sœurs de Parigné dont le monastère fermait. Il y a un an, devant le petit nombre et la fragilité, la fermeture de la communauté est envisagée ; courageusement, chacune, dans la prière, va choisir la communauté qu’elle souhaite rejoindre.

 

Une reconnaissance a été manifestée aux Religieuses, par la remise de la Médaille de la Ville, pour tout le travail accompli près des plus démunis et des malades, ainsi qu’une statuette de Notre Dame de Bon Secours, patronne de Guingamp.

 

Sœur Clémence, Supérieure Générale, dans son mot d’accueil au début de la messe disait : « La mission n’est pas terminée, vous rejoignez d’autres communauté pour continuer le service jusqu’au bout dans la mesure de vos forces. Vous êtes des femmes de compassion, de fraternité avec le plus fragile et cela reste votre mission. Donc l’heure n’est pas à la résignation, ni au regret, ni à la nostalgie. L’heure est à l’ouverture de nouvelles perspectives, à l’aventure continuée avec Dieu dans l’espérance. C’est dans cette assurance que nous rendons grâce au Seigneur avec vous et lui demandons la force de continuer le chemin, afin que nous demeurions ensemble des témoins de l’amour inlassable de Dieu pour toute l’humanité qu’Il veut sauver ».

 

Et Monseigneur Moutel concluait ainsi son homélie : « Dieu regarde avec bienveillance l’œuvre accomplie ici, il retient tout ce qui est bon et il continuera ce qu’il a commencé. Que votre cœur soit en paix. Et nous, nous rendons grâce et nous prions aussi pour que, d’une manière ou d’une autre, le feu de la Miséricorde continue d’embraser d’amour des cœurs disponibles ».

 

 

 

Merci à nos sœurs de leur témoignage, dans l’attente que ce lieu continue à vivre et à aider ceux qui en ont le plus besoin.