PASTORALE DE SANTE EN CÔTES D'ARMOR

 3 jours après la Pentecôte universelle ! Audace et Espérance de l’Eglise diocésaine lors de la journée de ressourcement au Sanctuaire de Querrien proposée par la Pastorale de la Santé, où Sr Marie- Emmanuel et Sr Marylène de Gouarec ont participé.

 

Mercredi 26 mai, les acteurs des différentes branches qui composent la Pastorale de la Santé du diocèse de Saint-Brieuc se sont réunis au Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide à Querrien (La Prénessaye) pour une journée de ressourcement à la suite de quinze mois de pandémie ; toutes les vocations du Peuple de Dieu étaient représentées : notre Evêque, des prêtres, des diacres, des religieuses, des laïcs engagés dont certains jeunes, l’occasion de nous retrouver et d’échanger entre bénévoles qui prennent soin des autres dans le cadre de leurs missions respectives. Environ 200 participants étaient présents à cette journée. prier, offrir une messe, acheter un cierge. Des prêtres se tiennent également à votre écoute pour acrement de réconciliation mais Intervention de Véronique Dikoma

 

Après un temps d’accueil, la journée a débuté par une intervention de Véronique Dikoma, qui accompagne depuis plusieurs années des Sœurs ainées à l’EHPAD des Filles du Saint-Esprit, à Saint-Brieuc. En voici quelques extraits :

 

« Cette journée est un temps de respiration. Respirer, c’est la vie. L’Église a vraiment le cœur et le désir d’être dans la vie de tous : c’est vrai pour le monde de la prison, de l’école mais aussi de la santé. Aujourd’hui, sont présents les équipes d’aumônerie en hôpital et en EHPAD, la Présence Fraternelle, la Fraternité Chrétienne des Personnes Malades et Handicapées, Lourdes Cancer Espérance, Lumière Relai Espérance… Que chacun de nous fasse l’expérience de l’amour fraternel dans un monde qui est appauvri d’amour. Dieu nous aime individuellement.

 

 Il existe des situations de confinement dans la Bible. Dans l’Ancien Testament à travers le récit de l’Arche de Noé [Livre de la Genèse, chapitres 6, 7, 8]. Dans le Nouveau Testament, Jn20, 19-23, les portes sont verrouillées.  Peut-être avez-vous vous aussi des exemples en tête ? Ces enfermements préfigurent toujours d’une nouveauté, une nouvelle naissance, une nouvelle ère.

 

 Pour prier, il nous est proposé de nous retirer dans la pièce la plus retirée. Durant ce temps de confinement, peut-être que certains d’entre vous ont réussi à vivre un temps de repos et de présence avec le Seigneur au plus intime lieu de votre cœur. Cette période nous a souvent paru longtemps, provoquant un sentiment d’inutilité. A quoi je sers ? Voire un sentiment de découragement par ce manque de relation. Un sentiment de peur peut-être ?

 

Rencontrer l’autre, c’est briser la solitude. Est-ce que j’ai intégré la solitude à ma vie ? Ce temps nous a permis de nous retrouver face à nous-mêmes et de nous interroger sur le sens de notre vie. Dans la Bible, les grossesses de Marie et d’Élisabeth sont vécues dans la joie de l’attente. Et nous, comment avons-nous attendu ? Avons-nous été dans l’expectative ? Est-ce que cette période a été un stand-by ? Une pause ? Ai-je vécu en sursis ? Dans l’espérance ? Dans quelle forme d’attente ai-je été ? L’attentisme est une forme d’attente dans l’inaction. Ai-je laissé de la place à Quelqu’un dans cette attente ?

 

 Nous savons bien que le cœur de l’Homme est éternellement insatisfait quelque soit nos conditions de vie, même quand tout va bien. Nous recherchons sans cesse un plus. Dans la famille, au sein du couple, au travail, en amitié, en communauté religieuse, ce n’est pas toujours parfait. Qu’est-ce que ce creux ? Je vous propose d’y découvrir  plutôt les traces d’une vie nouvelle que Dieu a mis en nous dès notre baptême.

 

Avec l’arrivée du printemps, j’ai aimé contempler les petites fleurs bleues qui poussent dans des endroits impossibles. Alors que j’accompagnais une sœur ainée à l’EHPAD des Filles du Saint-Esprit, elle me dit subitement : ‘Vous avez vu ? Elles poussent entre les pierres !’ Je vous invite à vivre, dans ce temps de Pentecôte, un renouveau, à laisser Dieu pousser dans vos petites brèches, dans vos petits espaces intérieurs. Laissez-le fleurir au plus profond de votre être.  Laissons-le raviver la grâce de votre baptême.

 

Depuis le jour de notre baptême, nous sommes définitivement branchés au Christ. Ce n’est pas, ‘j’ai été baptisé’ mais ‘je suis baptisé’. Nous étions confinés, il est temps de retrouver la joie de s’en retourner joyeux comme les disciples d’Emmaüs.

 

Échanges en petits groupes

 

En début d’après-midi, une présentation du Sanctuaire Notre Dame de Toute-Aide à Querrien (La Prénessaye) a permis à ceux qui le souhaitaient de mieux découvrir ce lieu unique en Bretagne où les Apparitions de la Vierge Marie ont été authentifiées par l’Église Catholique. En ce sanctuaire marial, les prêtres présents ont été  disponibles pour beaucoup de participants lors du sacrement de réconciliation ainsi que Véronique et des diacres par l’écoute d’un certain nombre de personnes vivant ce ressourcement ecclésial.

 

 

A la suite, les personnes inscrites à cette journée se sont retrouvées en sous-groupes afin de partager leurs impressions et difficultés durant la pandémie.

 

 

 

  • Françoise,  membre de la Présence Fraternelle : « Nous n’avons pas pu visiter les personnes en EHPAD. On nous a autorisés à revenir qu’à partir de la fin du deuxième. Elles étaient contentes de nous revoir, et moi aussi je dois dire.»
  • Léontine, membre d’une aumônerie, « sent que les choses commencent à repartir ; les personnes commencent à rejouer aux cartes. On a également pu organiser des célébrations
  • Françoise, membre de la FCPMH, a noué des relations avec sa voisine. « Ma voisine ne travaillant pas, on a pu discuter régulièrement. On s’est offert des fleurs et des fraises de nos jardins respectifs. Les personnes seules, qui n’étaient pas forcément croyantes, ont apprécié que je les appelle régulièrement. »

 

Homélie de Mgr Denis Moutel (extraits)

 

« Notre Dame de Toute-Aide nous a accompagnés durant toute cette pandémie. Elle est douceur, miséricorde et amour.

 

Nous sommes heureux aujourd’hui d’être rassemblés autour de la Vierge Marie. Le Pape François nous a dit, le 27 mars 2020 Place Saint-Pierre,  ‘N’ayez pas peur’. Son appel a eu un retentissement universel bien au-delà des croyants. Nous ne pouvons pas oublier ceux qui ont eu peur et qui, peut-être, ont toujours peur. Nous ne sommes pas à côté, nous sommes avec.

 

J’ai été impressionné, dans mon groupe de partage, lorsque vous avez dit concernant la pandémie : ‘Ça a été difficile pour moi mais bien plus autour de moi’. Nous-même, quand nous sommes au service de personnes âgées, très malades ou en fin de vie, n’avons-nous pas peur ? Posons un regard sur nos propres fragilités.

 

 L’amour est reçu et doit être donné et partagé. Dans les discernements que nous aurons à faire ensemble, nous nous demanderons si nous sommes bien dans une attitude de confiance et d’espérance. Il ne s’agit pas de faire comme avant. Nous avons des choix à faire et nous engager dans une plus grande simplicité de vie. »

 

 

La carte avec un beau rameau d’olivier-remise lors de cette journée- n’était- ce pas  symbolique pour nous Religieuses Augustines de la Miséricorde de Jésus, d’Ordre Canonial ?