Blessed Marie Catherine of St Augustine CANADA

Bienheureuse Marie-Catherine de Saint Augustin CANADA

 

Une Augustine hospitalière de la Miséricorde de Jésus  toute livrée à l’action de l’Esprit-Saint

 

Introduction : en France, au temps de Louis XIII, XVIIème siècle, (Elisabeth I en Angleterre), un grand effort d’évangélisation se développe avec les Jésuites au Canada tout d’abord pour les colons français arrivés dans ce pays. Très vite, ces religieux se rendent compte qu’il est urgent que des femmes viennent dans ce pays pour s’occuper des enfants  et de  l’éducation des jeunes filles,  ainsi que pour prendre soin des malades.

 

Après bien des démarches, le projet d’un Hôtel-Dieu prend corps grâce au soutien de la Duchesse d’Aiguillon, nièce du Cardinal de Richelieu, qui s’engage à soutenir financièrement cette entreprise.

 

Un appel a été lancé pour que des femmes répondent au vœu des Jésuites. Ils sont surpris que ce soit des religieuses qui se présentent. La présence du Père Lejeune à Dieppe, qui connaissait bien la Communauté des Religieuses Augustines, n’est pas étrangère à la réponse de plusieurs d’entre elles. La Communauté jouit alors d’une excellente réputation. Elle est considérée comme étant celle qui exerce le mieux en France le service des pauvres et des malades dans ce lieu que l’on appelle « HOSTEL-DIEU ».

 

 Ces religieuses sont imprégnées, selon nos anciennes Constitutions, des sentiments qui doivent les animer : « servir Jésus-Christ en la personne des pauvres malades »,  « avec quelle affection le servirait-on s’il retournait sur terre », «  le service que nous rendons aux pauvres pour la santé du corps regarde aussi celui de l’âme ». Plusieurs  sont volontaires pour partir au Canada. 3 d’entre elles seront élues par la Communauté pour offrir leur vie au Seigneur et remplir cette mission jugée très risquée. C’étaient :

 

Sr Marie-Guenet de St Ignace, 29 ans / Sr Anne Le Cointre de St Bernard, 28 ans/Sr Marie-Forestier de St Bonaventure, 22 ans. Le  4 Mai 1639, elles quittent Dieppe avec 3 Ursulines, 6 Jésuites, à bord du St Joseph et arrivent à Québec après un éprouvant voyage le 1er Août 1639. Elles sont accueillies au chant du Te Deum avec beaucoup d’honneurs.  Cependant les débuts s’avèrent très difficiles. Avec peine et misère elles organisent les 1er  soins, grand froid, épidémies, manque d’eau, de médicaments, pansements. Elles vont jusqu’à déchirer leurs propres habits pour soigner les plaies. Pour secourir les Hurons et les enseigner elles apprennent leur langue. Elles se font apprécier tant des français que des autochtones.

 

L’œuvre hospitalière comptait déjà 9 ans quand Marie Catherine de St Augustin les rejoint. Elle avait alors 16 ans.

 

 

 

Biographie : revenons en France, quand Catherine de Longpré voit le jour à St Sauveur-le-Vicomte (Basse Normandie) le 3 Mai 1632. Elle est baptisée le jour même.  Son père, Jacques Simon de Longpré, est avocat. Sa mère, Françoise de Launay-Jourdan, a déjà mis au monde plusieurs enfants et paraît très fatiguée. Aussi, les grands-parents proposent de  l’accueillir dans leur demeure. Elle est âgée d’1 ou 2 ans. Il n’y avait pas d’hôpital à St Sauveur. C’est chez eux qu’elle découvre l’amour des pauvres et des malades qu’ils recueillent dans leur grande maison. Là,  elle fait l’apprentissage de la vie chrétienne, fait preuve déjà d’une grande générosité, d’une charité un peu extraordinaire. Elle est curieuse d’apprendre, de comprendre et pose des questions de grande profondeur aux prêtres qui passent dans la maison. « Qu’est-ce que ça veut dire : Faire la volonté de Dieu ?» demande-t-elle à sa grand-mère. Elle manifeste un grand désir de faire plaisir au Bon Dieu, même en souffrant. Son attention aux pauvres et aux malades la préparent déjà à vivre l’hospitalité.

 

A 8 ans, elle fait sa 1ère communion  et demande au Seigneur de faire d’elle une Sainte si c’est sa volonté.

 

Mais vers 11 ans, les frivolités mondaines, le désir de plaire habitent son cœur. Elle est douée d’une belle éloquence et séduit son entourage. C’est alors qu’un songe mystérieux vient tout bouleverser. Elle voit un homme armé d’un grand couteau qui la poursuit. Elle a peur. Elle court, se réfugie dans un manteau blanc.

 

 Dans le même temps, sa sœur Françoise lui fait part de son intention de rejoindre leur cousine qui, de Dieppe, est venue fondée en 1644, le Monastère de Bayeux. Elle décide d’y aller avec elle. Ses parents la jugent trop jeune mais elle leur dit que c’est pour accompagner sa sœur !

 

 

 

En arrivant à la porte du Monastère à 12 ans ½, elle reconnaît dans le visage de la Prieure, leur cousine, celle vers qui, dans ce songe,  elle s’était réfugiée.  Elle y séjourne avec un grand désir de soigner les malades .Elle s’adonne aux tâches les plus quotidiennes et fait preuve d’une grande serviabilité. Elle rayonne auprès des pauvres et des malades. A la Communauté, elle entend le récit des courriers envoyés par nos 1ère  missionnaires et brûle du désir de les rejoindre. A cette nouvelle, son père la trouve très jeune et se montre très opposé. Il entame une procédure en justice. Il finira par céder.

 

Le 24 Octobre  1646 elle prend l’habit tandis que sa sœur aînée fait profession et que sa grand-mère entre comme postulante. Catherine a 14 ans et devient Sr Marie-Catherine de St Augustin.

 

1648 : le Père Vimont, jésuite, visite la Communauté de Bayeux et la sollicite pour renforcer celle de Québec. Sa sœur Françoise  est désignée pour partir. Catherine se propose. Quand leur père apprend leur projet il est fou et leur représente tous les dangers qui se dressent devant elles.

 

Intérieurement, Catherine fait le vœu de partir et mourir au Canada. Finalement, leur père consent à ce départ et le 12 Avril 1648, elle signe son acte d’engagement aux missions du Canada.

 

 

 

 Avec 2 autres hospitalières, elle part pour La Rochelle. En chemin, à Nantes, au lendemain de ses 16 ans, le 4 Mai 1648, elle fait profession perpétuelle.

 

Le 31 Mai 1648, elle embarque à bord du ‘Cardinal’. La traversée est pénible. Il y a plusieurs morts. La peste s’est déclarée sur le bateau, le capitaine en meurt. Elle-même est entre la vie et la mort. Fiévreuse, elle pense qu’elle va mourir et préfère être seule pour ce moment. Les 2 religieuses qui l’accompagnent reviennent plus tard et s’étonnent. Elle n’a presque plus de fièvre alors qu’on s’attendait à sa mort. Que s’est-il passé ? «  Ma Sainte Vierge m’a guérie. Ma mission n’est pas terminée sur cette terre » dira-t-elle.

 

 

 

C’est le 19 Août 1648 que ‘Le Cardinal’ débarque à Québec. On sait qu’elle a vécu 20 ans dans ce pays.

 

Catherine est renommée pour être une hospitalière, une infirmière de haute, de grande qualité. Elle fait preuve d’une exquise bonté envers les malades. Les gens se rendaient au parloir pour échanger avec elle. On la surnommait « Iakonikowiiostha », c'est-à-dire : « celle qui rend l’intérieur plus beau, le cœur plus chaud, ou encore : celle qui console ».

 

 

 

Ses supérieures lui donnent la charge d’administrer le 1er Hôtel-Dieu de Québec. Les débuts avaient été très difficiles. Celui-ci ressemblait  plutôt à une cabane. Elle le fait agrandir. Puis elle entreprend la construction de la Communauté, d’une chapelle.  Il est dit qu’elle savait entretenir de bonnes relations avec tout le monde. Elle avait beaucoup de caractère et on ne pouvait rien lui passer. Le chantier débute en 1654. Les hommes sont impressionnés. Elle les amenait à  travailler ensemble, à collaborer dans la bonne humeur, la compréhension et la fraternité.

 

 

 

Cependant, elle est en proie à de grandes souffrances intérieures.  Elle avait tout donné d’elle-même pour les autres. Ce don d’elle-même est soutenu par son amour. Paratonnerre de la Communauté naissante, elle portait en elle la souffrance et se sentait appelée à offrir sa vie.  Intérieurement, elle accepte de porter les souffrances des autres mais cela a des répercussions sur sa santé. Ses Sœurs n’ont jamais rien remarqué de ses combats intérieurs, de ce qu’elle pouvait vivre. On l’a su après sa mort, lorsque sa biographie écrite par le P. Ragueneau à qui elle rendait compte de sa vie et de ses expériences spirituelles, est parue 3 ans après.  C’était une femme de bon jugement, ayant les pieds sur la terre, appréciée de tous par sa charité.  Mgr de Laval la consultait souvent sur les décisions qu’il devait prendre. Il avait une confiance absolue en elle.

 

 

 

Le 8 Mai 1668, fiévreuse, elle crache du sang, souffre de douleur dans la poitrine. Elle rend son dernier souffle et s’éteint à l’âge de 36 ans. Malade depuis 15 jours, 3 semaines, la Communauté se réunit autour d’elle.Au milieu de la nuit, elle s’assied dans son lit, semble guérie. Les pulsations sont normales. La fièvre tombe. Etonnement de la Communauté qui entonne le Te Deum, chant de louange à Dieu. Puis, elle dit aux Sœurs d’aller se reposer. Elles sont parties. Tout doucement elle s’est endormie et ne s’est jamais réveillée.

 

 

 

Elle a été béatifiée en Mai 1989.

 

Aujourd’hui, elle est considérée comme l’1 des 7 piliers de l’Eglise canadienne. Nos Sœurs espèrent sa canonisation. Elles ont à cœur de la faire connaître et aimer.

 

Elle est vénérée à l’Hôtel-Dieu de Québec où de nombreux pèlerins continuent de venir se recueillir près de la châsse contenant ses ossements. Ils lui confient leurs demandes de prière, de secours physique ou spirituel.

 

Une même démarche peut s’effectuer dans la cathédrale de Bayeux, en France.

 

 

 

 

 

Blessed Marie-Catherine of Saint Augustine, Canada

 

 

 

An Augustinian Hospitaller of the Mercy of Jesus, wholly devoted to the action of the Holy Spirit

 

 

 

Introduction: In France, during the reign of Louis XIII in the 17th century (Elizabeth I in England), a major evangelization effort developed with the Jesuits in Canada, initially for the French settlers who had arrived in the country. Very quickly, these religious men realized the urgent need for women to come to Canada to care for children and the education of young girls, as well as to look after the sick.

 

 

 

After much effort, the project for a hospital (Hôtel-Dieu) took shape thanks to the support of the Duchess of Aiguillon, niece of Cardinal Richelieu, who pledged to financially support this undertaking.

 

 

 

An appeal was launched for women to respond to the Jesuits' wish. They were surprised that nuns were the ones who came forward. The presence of Father Lejeune in Dieppe, who knew the Augustinian Sisters well, certainly influenced the response of several of them. The Community enjoyed an excellent reputation at the time. It was considered the one in France that best served the poor and the sick in this place known as "Hostel-Dieu" (Hostel of God).

 

 

 

These nuns were imbued, according to our old Constitutions, with the sentiments that should guide them: "to serve Jesus Christ in the person of the poor and sick," "with what affection we would serve Him if He were to return to earth," "the service we render to the poor for the health of the body also concerns the health of the soul." Several volunteered to go to Canada. Three of them were chosen by the Community to offer their lives to the Lord and fulfill this mission, considered very risky. They were:

 

 

 

Sister Marie-Guenet de St. Ignace, 29 years old / Sister Anne Le Cointre de St. Bernard, 28 years old / Sister Marie-Forestier de St. Bonaventure, 22 years old. On May 4, 1639, they left Dieppe with 3 Ursuline nuns and 6 Jesuits aboard the St. Joseph and arrived in Quebec City on August 1, 1639, after a grueling voyage. They were welcomed with great honors to the singing of the Te Deum. However, the beginnings proved very difficult. With hardship and destitution, they organized the first aid, enduring bitter cold, epidemics, and a lack of water, medicine, and bandages. They even went so far as to tear their own clothes to treat wounds. To help and teach the Huron people, they learned their language. They earned the respect of both the French and the Indigenous people.

 

The hospital work had already been running for 9 years when Marie Catherine de St. Augustin joined them. She was then 16 years old.

 

 

 

Biography: Let's return to France, to when Catherine de Longpré was born in St. Sauveur-le-Vicomte (Lower Normandy) on May 3, 1632. She was baptized the same day. Her father, Jacques Simon de Longpré, was a lawyer. Her mother, Françoise de Launay-Jourdan, had already given birth to several children and seemed very tired. Therefore, her grandparents offered to take her in. She was one or two years old. There was no hospital in St. Sauveur. It was with them that she discovered their love for the poor and the sick, whom they sheltered in their large house. There, she learned about the Christian life, already demonstrating great generosity and an almost extraordinary charity. She was curious to learn and understand, and asked profound questions of the priests who visited the house. "What does it mean to do God's will?" she asks her grandmother. She shows a great desire to please God, even in suffering. Her attention to the poor and the sick already prepares her to live the life of hospitality.

 

 

 

At eight years old, she received her First Communion and asked the Lord to make her a saint if it was His will. But around the age of eleven, worldly frivolities and the desire to please took root in her heart. Gifted with eloquence, she charmed those around her. Then, a mysterious dream turned everything upside down. She saw a man armed with a large knife chasing her. Terrified, she ran and took refuge in a white cloak. At the same time, her sister Françoise told her of her intention to join their cousin, who had come from Dieppe to found the Monastery of Bayeux in 1644. Françoise decided to go with her. Her parents considered her too young, but she told them it was to accompany her sister!

 

 

 

Arriving at the monastery gate at the age of twelve and a half, she recognized in the face of the Prioress, their cousin, the one to whom she had sought refuge in her dream. She stayed there with a great desire to care for the sick. She devoted herself to the most mundane tasks and demonstrated great helpfulness. She radiated joy to the poor and the sick. At the community, she heard accounts of the letters sent by our first missionaries and burned with the desire to join them. Upon hearing this news, her father found her too young and was very opposed. He initiated legal proceedings. He eventually relented.

 

On October 24, 1646, she received the habit while her older sister made her profession and her grandmother entered as a postulant. Catherine was 14 years old and became Sister Marie-Catherine of St. Augustine.

 

 

 

1648: Father Vimont, a Jesuit, visited the Bayeux community and asked them to reinforce the one in Quebec City. His sister Françoise was chosen to go. Catherine volunteered. When their father learned of their plan, he was furious and described all the dangers they faced. Inwardly, Catherine vowed to leave and die in Canada. Finally, their father consented to her departure, and on April 12, 1648, she signed her commitment to the missions in Canada.

 

 

 

With 2 other Hospitallers, she left for La Rochelle. En route, in Nantes, the day after her 16th birthday, on May 4, 1648, she made her perpetual vows.

 

On May 31, 1648, she boarded the ‘Cardinal’. The crossing was arduous. There were several deaths. The plague broke out on the ship, and the captain died. She herself was between life and death. Feverish, she thought she was going to die and preferred to be alone for that moment. The two nuns who were with her returned later and were astonished. She had almost no fever left, whereas they had expected her to die. What had happened? "My Blessed Virgin has healed me. My mission on this earth is not finished," she said.

 

 

 

It was on August 19, 1648, that ‘The Cardinal’ arrived in Quebec City. We know that she lived there for 20 years. Catherine was renowned as a hospitaller, a nurse of exceptional quality. She showed exquisite kindness to the sick. People would go to the parlor to talk with her. She was nicknamed "Iakonikowiiostha," meaning "she who makes the interior more beautiful, the heart warmer, or even: she who consoles."

 

Her superiors entrusted her with the administration of the first Hôtel-Dieu in Quebec City. The beginnings were very difficult. It was more like a shack. She had it enlarged. Then she undertook the construction of the community building and a chapel. It is said that she knew how to maintain good relations with everyone. She had a strong character, and nothing could be overlooked. Construction began in 1654. The men were impressed. She brought them together to work, to collaborate in good humor, understanding and brotherhood.

 

 

 

However, she was plagued by great inner suffering. She had given everything of herself for others. This selflessness was sustained by her love. A lightning rod for the fledgling Community, she carried suffering within her and felt called to offer her life. Inwardly, she accepted bearing the suffering of others, but this took its toll on her health. Her Sisters never noticed her inner struggles, what she was going through. It only came to light after her death, when her biography, written by Father Ragueneau, to whom she recounted her life and spiritual experiences, was published three years later. She was a woman of sound judgment, down-to-earth, and appreciated by all for her charity. Bishop de Laval often consulted her on the decisions he had to make. He had absolute confidence in her.

 

 

 

On May 8, 1668, feverish and coughing up blood, she suffered from chest pain. She breathed her last and died at the age of 36. Having been ill for 15 days, three weeks, the community gathered around her. In the middle of the night, she sat up in bed, seemingly cured. Her pulse was normal. The fever subsided. The community, astonished, began to sing the Te Deum, a hymn of praise to God. Then, she told the Sisters to go and rest. They left. Gently, she fell asleep and never awoke.

 

 

 

She was beatified in May 1989.

 

Today, she is considered 1 of the 7 pillars of the Canadian Church. Our Sisters hope for her canonization. They are committed to making her known and loved.

 

She is venerated at the Hôtel-Dieu in Quebec City, where many pilgrims continue to come to pray near the reliquary containing her bones. They entrust to her their requests for prayer, physical or spiritual help.

 

 

A similar experience can be had at Bayeux Cathedral in France.