Marie Lhuilier
Née à Arquenay, le 18 novembre 1744
Entrée chez les Religieuses Augustines de la Miséricorde de Jésus à Château Gonthie(53) en France, en octobre 1776 -> Sœur Sainte Monique
Morte en haine de la foi le 25 juin 1794
Béatifiée le 19 juin 1955, avec 14 prêtres guillotinés à Laval
Contexte historique :
En 1789, la France vit une révolution, lors de laquelle la monarchie est renversée, et la république s’instaure. Parmi les violences de cette guerre civile, qui verront leur paroxysme lors de la période appelée « Terreur » (1793-1794), les prêtres et religieux sont sommés de prêter serment de fidélité à la Nation et à la loi, et ces derniers forcés à être déliés de leurs vœux, au nom de la liberté. Nombreux sont ceux qui le refuseront, et qui seront arrêtés puis condamnés à mort (noyade, déportation, guillotine, …) pour ce motif, considéré comme opposition au régime révolutionnaire.
Vie de Sœur Sainte Monique :
Marie Lhuillier est la 3ème d’une famille de 3 enfants, elle a 2 grands frères. A 7 ans, elle devient orpheline et est recueillie par une tante. Jusqu’à ses 10 ans elle garde le troupeau de sa tante et n’est pas scolarisée. Engagée ensuite comme domestique chez Mlle Dubois, elle effectuera plusieurs types de travaux : ferme, cuisine, entretien du linge, …
A 30 ans, Marie se pose la question de la vocation. Mlle Dubois l’emmène chez les Augustines de Château-Gontier. De santé fragile, elle est admise dans un 1er temps comme domestique, avant d’être reçue comme postulante suite à un 1er refus.
Marie Lhuillier reçoit l’habit en 1776 et devient Sr Sainte Monique. Sœur converse, elle travaille avec beaucoup d’assiduité, ce qui lui vaut bien des moqueries. Elle prononce ses vœux, le 13 octobre 1778 et continue ses différentes tâches à l’hôpital, à la cuisine. Elle travaille toujours dans la joie et la bonne humeur, avec dévouement.
Lors de la Révolution, les Sœurs doivent quitter l’habit religieux et leur Monastère, pour être emprisonnées dans le grenier d’un autre monastère.
Sœur Sainte Monique est accusée d’avoir donné des tabliers à un jardinier dans l’espoir de revenir au monastère. Elle est condamnée à mort pour ce motif, sous réserve de prêter serment aux lois de la république. Menée dans une autre prison, elle prend soin de ses codétenus et des malades. Ayant refusé de renier sa foi et de prêter ce serment jusqu’au bout, malgré les pressions, elle est menée à Laval où elle sera guillotinée le 25 juin 1794.
Quelques citations :
A une sœur peinée du mécontentement de ses Supérieures à son sujet : « Ne voyez-vous pas que le démon est là ; qu’il joue son rôle pour vous faire perdre le mérite de vos actions et vous faire murmurer contre vos Supérieures ? Vous avez fait de votre mieux, je vous assure que je demeurerais bien tranquille. »*
Dans les angoisses de la période révolutionnaire, à une Sœur lui demandant comment elle avait le courage de chanter : « La volonté de Dieu ! Si je ne prenais pas ce parti, je serais accablée et je serais incapable de prier ! »*
Panégyrique de Sr Ste Monique par le Vicaire général Chérel lors de sa béatification : « Fidélité à Dieu sans recherche de l’extraordinaire, dans la banalité des jours qui se succèdent toujours les mêmes, mais aussi dans l’acceptation de l’extraordinaire, de la souffrance, de l’héroïsme, lorsqu’ils se présentent, et les vivant aussi simplement, aussi calmement que les multiples petites actions de la journée. »
*Citations tirées de l’ouvrage de l’abbé Bréhéret (1821), confesseur de la Communauté de 1789 à 1842.
Marie Lhuilier
Born in Arquenay, on November 1744, the 18th
Entries in the Order of the Augustines Of the Mercy of Jesus in Château Gonthier (53) France, in october 1776 -> Sister Sainte Monique
Died in hate of faith, on June 1794, the 25th
Beatifies on June 1955, the 19th, with 14 priests guillotined in Laval
Histotrical context :
In 1789, France experienced a revolution, during which the monarchy was overthrown and the republic was established. Among the violence of this civil war, which will see its climax during the period called "Terror" (1793-1794), priests and religious are required to take an oath of loyalty to the nation and the law, and these are forced to be released from their vows, in the name of freedom. There are many who will refuse it, and who will be arrested and then sentenced to death (drowning, deportation, guillotine,...) for this reason, considered as opposition to the revolutionary regime.
Life of Sister Sainte Monique :
Marie Lhuillier is the third in a family of 3 children, she has 2 older brothers. At age 7, she becomes an orphan and is taken up by an aunt. Until she was 10 years old, she kept her aunt’s herd and did not go to school. Then employed as a servant at Miss Dubois, she will perform several types of work: farm, kitchen, laundry maintenance,...
At the age of 30, Marie asks herself the question of vocation. Miss Dubois takes her to the Augustines in Château-Gontier. Fragile in health, she is first admitted as a domestic, before being received as a postulant following a first refusal.
Marie Lhuillier received the habit in 1776 and became Sr Sainte Monique. Sister converse, she works with a lot of assiduity, which is worth many mocks. She took her vows on 13 October 1778 and continued her various tasks in the hospital, in the kitchen. She always works with joy and good humor, with dedication.
During the Revolution, the Sisters had to leave the religious habit and their monastery, to be imprisoned in the attic of another monastery. Sister Sainte Monique is accused of having given aprons to a gardener in the hope of returning to the monastery. She is sentenced to death on this ground, subject to her taking an oath to the laws of the republic. Taken to another prison, she takes care of her fellow inmates and the sicks. Having refused to renounce her faith and take the oath to the end, despite pressure,she was taken to Laval where she was guillotined on 25 June 1794.
Some quotes :
To a sister grieved by the dissatisfaction of her Superiors about her: “Do you not see that the devil is there; that he plays his part to make you lose the merit of your actions and make you murmur against your Superiors? You have done your best, I assure you that I would remain very quiet.”*
In the anguish of the revolutionary period, a sister asked her how she had the courage to sing: "The will of God! If I did not take this side, I would be overwhelmed and unable to pray.”*
Panegyric of Sr. Ste Monique by the Vicar General Chérel during his beatification: “Faithfulness to God without seeking the extraordinary, in the banality of the days that always follow the same, but also in the acceptance of the extraordinary, of suffering, of heroism, when they present themselves, and living them so simply, as calmly as the multiple small actions of the day.”
*Quotes frome the book of the abbot Bréhéret (1821), confessor of the Community from 1789 to 1842.